La zoothérapie : une longue histoire...


L'essentiel

Depuis toujours, l'homme maintient des liens étroits avec l'animal. D'abord comme outil de travail, puis comme animal de compagnie et, enfin, comme animal de "thérapie".

L'effet bénéfique des animaux sur l'homme est reconnu dès le 17ème siècle, où l'animal devient un animal de compagnie. Dès le 18ème siècle, les animaux entrent dans les institutions dans une optique thérapeutique. Mais ce n'est qu'au 20ème siècle que la médiation animale est prouvée scientifiquement sur la base de recherches menées par des professionnels de la santé mentale et physique.

Les principales étapes...

Au 9ème siècle, dans la ville de Gheel en Belgique, des oiseaux étaient confiés à certains malades pendant leur convalescence pour en prendre soin.

Au 17ème siècle, l’on s’accorde à dire que s’occuper d’un animal a la capacité de rétablir l’harmonie entre le corps et l’esprit. 

Aux 18e et 19e siècles, plusieurs espèces d'animaux intègrent certaines institutions de soins en Angleterre. L'un des cas les plus documentés est le York Retreat, institution pour malades mentaux, fondée par William Tuke en 1792.

Depuis 1867, en Allemagne, l'institut Bethel dédié aux personnes épileptiques suit le même principe que le York Retreat, avec des oiseaux, des chiens, des chats et des chevaux.

Pendant la guerre de Crimée (1854-1856), pour soigner les soldats à l'hôpital, l'infirmière Florence Nightingale utilise, entre autres, une tortue pour réconforter les soldats et diminuer leur anxiété. 

      

Durant les grandes guerres, des chiens viennent en aide aux blessés en convalescence afin de briser la solitude, accélérer leur guérison ou leur faire accepter leur handicap récent. En 1944, la Croix-Rouge de New York met sur pied un programme thérapeutique entre l’homme et l’animal.




En 1937, Freud constate que les enfants s'identifient aux animaux plus facilement qu'à leurs propres parents.

Auteur de "The interpretation of dreams", il considère que les origines de la névrose viennent de la nature bestiale de l’Homme. Les animaux récurrents dans les rêves serviraient de support pour exprimer pensées et sentiments refoulés.

Maintenant reconnue et prouvée

Au 20e siècle, la recherche se développe et l'on démontre scientifiquement les bienfaits de la contribution animale sur le bien-être des humains. 

En 1953, Le pédopsychiatre américain Boris Levinson découvre les possibilités aidantes du chien en thérapie dans le traitement de divers troubles. Il est le père fondateur de la «Pet Facilitated Psychotherapy» qui révolutionne la psychiatrie infantile. 

En 1958, un couple de psychiatres américains, Samuel et Elisabeth Corson, introduisent l'animal de compagnie pour traiter des malades mentaux (schizophrénie entre autres) pour qui les méthodes traditionnelles ne fonctionnent pas (neuroleptiques, électrochocs…). 

En 1976, Ange Condoret, un vétérinaire bordelais, entreprend des expériences avec des enfants souffrant de problèmes de langage et définit en 1978 une nouvelle méthode adaptable à chaque enfant : l’IAMP ou Intervention Animale Modulée Précoce. 

En 1977, il fonde la SEPMRAE et l'AFIRAC (respectivement la Société pour l'Etude Psychosociologique et Médico-pédagogique de la Relation à l'Animal familier chez les Enfants normaux ou inadaptés et l'Association Française d'Information et de Recherche sur l'Animal de Compagnie). 

Parmi les pionniers à avoir intégré cette pratique dans un établissement de santé, on retrouve l'Institut universitaire en santé mentale Douglas à Montréal. Son département de zoothérapie a été mis sur pied par Raymond Plouffe en 1985. 

D’autres thérapeutes comme Friedmann, Katcher, Lynch, Thomas ont mis constatent que le simple fait de caresser fait baisser la tension artérielle et permet de diminuer la mortalité chez les cardiaques. 

En 1998, Les chercheurs, Barker et Dawson démontrent que la médiation animale réduit de façon significative le stress et l’angoisse. 

Enfin, des expériences d’introduction de chiens dans les prisons aux Etats-Unis ont eu comme résultat des détenus plus calmes, avec moins de dépression et d’agressivité.

La médiation par l’animal n’est pas une « nouvelle » méthode dans l’air du temps mais bien une pratique utilisée depuis longtemps. Cependant elle s’est professionnalisée et donc perfectionnée.